Sur air ambiant
L'appareil aspire l'air du local où il est posé. Solution la plus simple et la moins chère, mais elle exige un volume suffisant, généralement 20 m³ non chauffés, et refroidit ce local en hiver.
L'eau chaude sanitaire pèse 12 à 15 % de la facture d'énergie d'un foyer, et bien davantage dans un logement bien isolé. Le ballon thermodynamique divise cette dépense par deux à trois. Encore faut-il choisir la bonne configuration, le bon volume et le bon local : voici comment.
Un ballon thermodynamique, ou chauffe-eau thermodynamique (CET), c'est une petite pompe à chaleur posée sur une cuve d'eau chaude. Au lieu de transformer directement l'électricité en chaleur comme le fait la résistance d'un cumulus classique, il va chercher des calories gratuites dans l'air et les transfère à l'eau.
Résultat : pour 1 kWh d'électricité consommé, l'appareil restitue en moyenne 2,5 à 3,5 kWh de chaleur. Les deux tiers de l'énergie utilisée pour chauffer votre eau ne sont donc pas facturés.
Un ventilateur fait passer l'air du local ou de l'extérieur sur l'évaporateur.
Le fluide frigorigène absorbe ces calories et passe à l'état gazeux.
Le compresseur élève la pression du gaz, et donc sa température.
Le condenseur cède la chaleur à l'eau de la cuve, le cycle recommence.
L'air rejeté par l'appareil est plus froid que l'air aspiré, de 3 à 5 °C. C'est la conséquence directe du principe : le CET prend de la chaleur quelque part. D'où l'importance du local, sur laquelle nous revenons plus bas.
Tous les ballons thermodynamiques fonctionnent sur le même principe. Ce qui les distingue, c'est la source d'air dans laquelle ils puisent les calories. C'est le premier choix à faire, avant même le volume.
L'appareil aspire l'air du local où il est posé. Solution la plus simple et la moins chère, mais elle exige un volume suffisant, généralement 20 m³ non chauffés, et refroidit ce local en hiver.
L'air est prélevé dehors, par des gaines ou via une unité extérieure séparée (version split). Le local n'est pas refroidi et peut être petit, mais le rendement baisse quand il gèle.
Le ballon est raccordé à la VMC et récupère les calories de l'air vicié, à température stable toute l'année. Performances régulières, mais installation à penser en amont.
Un ballon surdimensionné entretient inutilement des litres d'eau chaude toute l'année. Un ballon sous-dimensionné bascule sur sa résistance d'appoint chaque soir, et vous perdez tout l'intérêt de l'appareil. Le repère usuel :
| Occupants | Volume conseillé | Profil de soutirage | Remarques |
|---|---|---|---|
| 1 à 2 personnes | 100 à 150 L | M | Modèles muraux ou compacts, idéaux en appartement. |
| 3 à 4 personnes | 200 L | L | Le format le plus vendu, adapté à la majorité des maisons. |
| 5 personnes | 250 à 270 L | L ou XL | Vérifiez la hauteur sous plafond : ces cuves dépassent souvent 1,80 m. |
| 6 personnes et plus | 270 L et plus | XL | Envisagez un modèle à échangeur ou une production complémentaire. |
Le profil de soutirage (M, L, XL) est la donnée normalisée qui décrit le scénario de puisage sur lequel le fabricant a mesuré ses performances. Comparer deux appareils n'a de sens que sur un profil identique.
Les usages pèsent autant que le nombre d'occupants. Une baignoire de 170 L consomme à elle seule l'équivalent de trois douches. Si votre foyer est concerné, prenez le volume supérieur.
Le coefficient de performance annoncé est mesuré selon la norme EN 16147, dans des conditions précises : température d'air source, profil de soutirage, température de consigne. Un COP de 3,2 sur air à 7 °C et un COP de 3,2 sur air à 20 °C ne décrivent pas du tout le même appareil. Vérifiez toujours les conditions de mesure, indiquées en petits caractères sous la valeur.
Comptez 35 à 50 dB(A) selon les modèles. Un ballon installé dans un garage attenant à une chambre, ou dans un cellier mitoyen du séjour, doit être choisi dans le bas de cette fourchette. C'est un critère qu'on oublie à l'achat et qu'on subit ensuite tous les jours.
En dessous d'une certaine température d'air, la pompe à chaleur s'arrête et la résistance électrique prend le relais. Sur les modèles sur air extérieur, ce seuil se situe souvent autour de -5 °C. Plus il est bas, plus l'appareil restera performant en plein hiver.
Cuve émaillée avec anode magnésium, ou anode à courant imposé (ACI) : la première demande un contrôle périodique et un remplacement de l'anode, la seconde s'en dispense. Sur une eau calcaire ou agressive, cette ligne du devis mérite plus d'attention que la couleur de l'habillage.
Programmation sur heures creuses, mode absence, mode boost avant une soirée à douze, suivi de consommation depuis un smartphone : ces fonctions ne changent pas le COP, mais elles changent la facture. Chauffer l'eau en heures creuses reste le premier levier d'économie sur un CET.
Installer un CET sur air ambiant dans un local chauffé. La pompe à chaleur prélève alors la chaleur produite par votre chauffage : vous payez deux fois la même énergie. Dans cette situation, seule une configuration sur air extérieur ou sur air extrait a du sens.
Comptez 2 000 à 4 500 € pose comprise selon la configuration et le volume, les modèles sur air extérieur et les versions split se situant dans le haut de la fourchette. Plusieurs dispositifs viennent réduire cette facture, et ils sont cumulables.
| Dispositif | Montant | Conditions principales |
|---|---|---|
| MaPrimeRénov' — parcours par geste | 1 200 € (revenus très modestes), 800 € (modestes), 400 € (intermédiaires) | Résidence principale de plus de 15 ans, installation par une entreprise RGE, plafond de dépenses de 3 500 € HT. Les revenus supérieurs ne sont pas éligibles par geste. |
| Prime CEE | De l'ordre de 100 €, variable selon l'organisme | Demande à déposer avant la signature du devis. Montant fonction de la zone climatique, du volume et des performances. |
| TVA à 5,5 % | Environ 14,5 % d'économie sur le TTC | Logement achevé depuis plus de 2 ans, matériel et pose facturés par l'entreprise. Sans condition de ressources. |
| Éco-prêt à taux zéro | Jusqu'à 15 000 € empruntés sans intérêts | Cumulable avec les aides ci-dessus, pour financer le reste à charge. |
Ces montants et ces conditions sont ceux en vigueur au moment de la rédaction. Les barèmes évoluant chaque année, vérifiez votre éligibilité sur France Rénov' avant de signer quoi que ce soit, et surtout : déposez la demande de prime CEE avant le devis, l'ordre des étapes conditionne le versement.
Un foyer de quatre personnes équipé d'un cumulus électrique consomme couramment 2 500 à 3 500 kWh par an rien que pour l'eau chaude. Avec un COP moyen de 3 sur l'année, le même besoin descend autour de 900 à 1 200 kWh.
À un prix du kWh autour de 0,20 €, l'économie annuelle se situe donc entre 300 et 450 € pour ce profil de foyer. L'écart s'élargit à chaque hausse du tarif de l'électricité, et se resserre si votre consommation d'eau chaude est faible : pour une personne seule qui prend une douche par jour, la rentabilité est nettement plus longue à atteindre.
Oui. Sur air ambiant, la température du local reste généralement suffisante toute l'année. Sur air extérieur, les performances baissent quand la température descend, et sous un seuil situé souvent autour de -5 °C, la résistance électrique prend le relais le temps de l'épisode froid. L'appareil ne s'arrête pas de produire de l'eau chaude, il la produit temporairement au rendement d'un cumulus classique.
Pas toujours au même emplacement. Un CET est plus haut, plus lourd, plus large, il a besoin d'un volume d'air et d'une évacuation de condensats. Beaucoup de cumulus sont installés dans des placards ou des salles de bains, deux situations incompatibles avec un modèle sur air ambiant. Le déplacement du point de production, ou le passage sur une configuration à air extérieur, fait partie de l'étude préalable.
Nettoyage périodique du filtre à air et de l'évaporateur, vérification de l'évacuation des condensats, contrôle du groupe de sécurité et, selon la technologie de cuve, contrôle ou remplacement de l'anode magnésium. Une visite tous les deux ans par un professionnel est un rythme raisonnable pour un appareil de ce prix.
Le solaire thermique produit une eau chaude quasiment gratuite mais dépend de l'ensoleillement et impose des travaux en toiture. Le thermodynamique est indépendant de la météo, s'installe en une journée et coûte moins cher à l'achat. Dans le sud de la France, avec une toiture bien orientée, le solaire garde de solides arguments ; ailleurs, le thermodynamique s'impose dans la plupart des projets.
Pour obtenir MaPrimeRénov', la prime CEE et la TVA à 5,5 %, l'intervention d'une entreprise RGE est obligatoire. Par ailleurs, les modèles split contiennent un fluide frigorigène et relèvent à ce titre de la manipulation par un professionnel titulaire de l'attestation de capacité F-Gaz.
Volume, configuration, contraintes de local : nos techniciens vérifient la faisabilité avant la commande, et l'installation est assurée par des professionnels certifiés F-Gaz.
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