Entretien

Préparer sa clim réversible pour l'hiver

Un appareil qui a tourné en froid tout l'été ne bascule pas en chauffage sans rien demander. Filtres encrassés, échangeur poussiéreux, évacuation obstruée : les pannes de janvier se préparent en octobre. Voici ce que vous pouvez faire vous-même, et ce qui relève du professionnel.

Pourquoi octobre et pas décembre

En mode chauffage, la machine travaille à l'envers : l'unité extérieure devient l'évaporateur, celle qui capte les calories, et l'unité intérieure restitue la chaleur. Un échangeur extérieur encrassé par six mois de pollen, de poussière et de feuilles voit donc ses performances chuter précisément là où elles comptent le plus.

S'y ajoute un phénomène propre à la saison froide : le givre. Un échangeur propre dégivre vite et reprend son cycle ; un échangeur sale givre plus tôt, dégivre plus souvent et plus longtemps, et vous consommez davantage pour un confort moindre.

L'autre raison est pratique. En octobre, un frigoriste intervient sous quelques jours. Au premier coup de froid de décembre, quand tout le monde découvre en même temps que sa clim ne chauffe plus, les délais s'allongent considérablement.

Qui fait quoi : le partage des tâches

Une partie de l'entretien est à votre portée, une autre est réservée au professionnel, et une troisième est franchement à éviter.

Vous pouvez le faire
  • Nettoyer les filtres des unités intérieures
  • Dépoussiérer les grilles et les volets
  • Dégager les abords du groupe extérieur
  • Vérifier que l'évacuation des condensats s'écoule
  • Contrôler les piles de la télécommande
  • Faire un essai de chauffage avant les grands froids
Le professionnel
  • Nettoyage en profondeur des échangeurs
  • Contrôle d'étanchéité du circuit frigorifique
  • Relevé des pressions et de la charge en fluide
  • Vérification des sécurités et de l'électronique
  • Nettoyage du bac et de la pompe de relevage
  • L'entretien réglementaire obligatoire
Jamais vous-même
  • Toute intervention sur le circuit de fluide
  • Ajouter ou compléter une charge
  • Ouvrir le carter électrique du groupe
  • Nettoyer l'échangeur au jet haute pression
  • Couvrir le groupe d'une bâche étanche
  • Forcer un dégivrage à l'eau chaude

La colonne de droite n'est pas une précaution de confort : la manipulation du fluide frigorigène est réservée par le code de l'environnement aux entreprises titulaires de l'attestation de capacité F-Gaz, et un échangeur à ailettes se plie définitivement sous un jet haute pression.

Les filtres : le geste qui rapporte le plus

C'est l'opération la plus rentable de toute cette liste, et la seule à refaire plusieurs fois dans la saison. Un filtre colmaté réduit le débit d'air, donc l'échange thermique, donc la puissance restituée — et l'appareil compense en tournant plus longtemps.

La méthode

  1. Coupez l'alimentation de l'appareil, pas seulement la télécommande.
  2. Ouvrez la façade de l'unité intérieure, qui se relève en général d'une simple pression sur les deux côtés.
  3. Dégagez les filtres en les soulevant légèrement avant de les tirer vers vous.
  4. Aspirez la poussière côté encrassé, puis rincez à l'eau tiède si le fabricant l'autorise.
  5. Laissez sécher complètement à l'air libre, jamais au sèche-cheveux ni sur un radiateur.
  6. Remettez en place dans le bon sens et refermez.
Le filtre encore humide

Un filtre remis en place avant séchage complet crée un terrain idéal pour les moisissures, et c'est l'origine la plus fréquente des mauvaises odeurs au démarrage. Comptez plusieurs heures de séchage, et prévoyez l'opération un jour où vous n'avez pas besoin de l'appareil.

Certaines unités possèdent aussi des filtres complémentaires — charbon actif, photocatalytique, plasma selon les marques. Ceux-là ne se lavent généralement pas et se remplacent selon la périodicité indiquée dans la notice.

L'unité extérieure : l'oubliée de l'entretien

En été, personne ne la regarde. En hiver, c'est elle qui fait tout le travail. Trois points à vérifier avant la saison de chauffe.

Les abords

Le groupe a besoin d'un débit d'air libre pour capter les calories. Dégagez les feuilles mortes accumulées dessus et dessous, taillez la végétation qui a poussé pendant l'été, et retirez tout ce qui a été posé à proximité au fil des mois. Comptez une bonne cinquantaine de centimètres dégagés devant la sortie d'air.

L'échangeur

Les ailettes se dépoussièrent à l'aspirateur muni d'une brosse douce, ou à la brosse souple dans le sens des lamelles. Si elles sont encrassées en profondeur, laissez faire le professionnel : le nettoyage chimique et le redressement des ailettes pliées demandent un outillage spécifique.

Le support

Vérifiez que le groupe est toujours stable sur ses plots ou ses consoles, et qu'il n'a pas pris de jeu. En hiver, les cycles de dégivrage génèrent des variations de régime qui se transmettent à la structure : un support desserré devient une source de bruit nocturne, et c'est souvent à ce moment-là que les voisins se manifestent.

Surélever, oui ; bâcher, non

Si votre groupe est posé au sol dans une région enneigée, une surélévation de vingt à quarante centimètres évite que la neige ne remonte dans l'échangeur et que l'eau de dégivrage ne stagne. En revanche, ne le couvrez jamais d'une bâche tant qu'il fonctionne : il a besoin de respirer, et une bâche piège l'humidité contre les ailettes.

L'évacuation des condensats

Voilà un point qu'on néglige en pensant qu'il ne concerne que l'été. C'est faux, et le mécanisme s'inverse même : en mode chauffage, c'est l'unité extérieure qui produit de l'eau, parfois plusieurs litres par cycle de dégivrage.

Vérifiez que le bac du groupe extérieur n'est pas obstrué par des feuilles ou des débris, et que l'eau s'écoule librement. Une évacuation bouchée, c'est de l'eau qui stagne dans le bac, qui gèle à la première nuit froide, et qui finit par bloquer l'hélice du ventilateur.

Côté intérieur, profitez-en pour verser un peu d'eau dans le bac de chaque unité et vérifier qu'elle ressort bien à l'extérieur. Si une pompe de relevage est installée, écoutez-la : un bruit de fonctionnement continu ou irrégulier signale un encrassement.

Le premier démarrage en chauffage

Ne découvrez pas un problème le jour où vous en avez besoin. Faites un essai complet en octobre, pendant une journée fraîche.

  • Passez en mode chauffage, symbole du soleil ou mention « heat » selon les télécommandes, et réglez une consigne nettement au-dessus de la température ambiante.
  • Attendez plusieurs minutes avant de juger. La plupart des appareils temporisent le démarrage de la soufflerie tant que l'échangeur intérieur n'est pas monté en température : c'est voulu, cela évite de souffler de l'air froid.
  • Vérifiez que l'air soufflé est franchement chaud, et que toutes les unités d'un multisplit répondent.
  • Écoutez le groupe extérieur. Un bruit nouveau, un sifflement ou des vibrations inhabituelles méritent un appel au professionnel avant l'hiver plutôt qu'en plein mois de janvier.
  • Laissez tourner une heure et repassez voir : c'est le temps qu'il faut pour qu'un défaut de charge ou de dégivrage se manifeste.

Une odeur de poussière brûlée au premier démarrage est normale et se dissipe en quelques minutes : c'est la poussière accumulée sur l'échangeur intérieur. Une odeur d'humidité ou de moisi, en revanche, renvoie aux filtres et au bac.

Les réglages qui changent la facture

Un appareil bien entretenu mal réglé consomme quand même trop. Quatre habitudes à prendre pour la saison.

Réglage Ce qu'il faut faire Pourquoi
Orientation des volets Diriger le flux vers le bas L'air chaud monte naturellement. Soufflé vers le haut, il stagne au plafond et vous laisse les pieds froids.
Consigne de température 19 à 21 °C, et ne pas en changer Chaque degré supplémentaire coûte environ 7 % de consommation. Monter à 24 °C pour « chauffer plus vite » ne change rien à la vitesse, seulement à la facture.
Fonctionnement Laisser tourner en continu à consigne modérée Un appareil Inverter est fait pour moduler. Les arrêts et relances répétés lui imposent des pointes de puissance bien plus coûteuses.
Vitesse de ventilation Mode automatique L'électronique adapte le débit en fonction de l'écart à la consigne, mieux qu'un réglage fixe.

Pour comprendre ce qui se passe réellement quand la température extérieure descend, et pourquoi la puissance disponible évolue au fil de l'hiver, nous détaillons le sujet dans notre article sur la clim réversible par grand froid.

Les signaux qui doivent vous alerter

  • L'appareil dégivre toutes les dix minutes. Des cycles rapprochés en permanence signalent un échangeur encrassé, une charge incorrecte ou un mauvais emplacement du groupe.
  • L'air soufflé est tiède, jamais chaud. Le plus souvent une charge en fluide insuffisante, donc une fuite quelque part sur le circuit.
  • Le groupe reste couvert de glace après le cycle de dégivrage. Le dégivrage ne fait plus son travail, et l'appareil finira par se mettre en sécurité.
  • Un code défaut clignote sur l'unité intérieure. Notez-le avant d'appeler, il oriente directement le diagnostic.
  • La consommation a bondi sans que l'usage ait changé. Comparez avec la même période de l'an dernier plutôt qu'avec le mois précédent.

Questions fréquentes

À quelle fréquence nettoyer les filtres en hiver ?

Toutes les deux à quatre semaines en période de chauffe intensive, davantage si vous avez des animaux ou si le logement est poussiéreux. C'est plus fréquent qu'en été, l'appareil tournant plus longtemps chaque jour. Un simple coup d'œil suffit à juger : si la trame du filtre n'est plus visible, il est temps.

Faut-il couper la clim quand on s'absente plusieurs jours ?

Mieux vaut baisser la consigne à 15 ou 16 °C que couper complètement. Remonter un logement entièrement refroidi coûte plus cher en énergie que de l'avoir maintenu hors gel, et vous évitez au passage les problèmes d'humidité. Beaucoup d'appareils proposent un mode absence ou hors-gel dédié.

Mon groupe extérieur fait de la vapeur, est-ce grave ?

Non, c'est le cycle de dégivrage. L'unité extérieure devient brièvement chaude pour faire fondre le givre accumulé, et la vapeur qui s'en échappe est simplement de l'eau. Ce n'est ni de la fumée ni une fuite de fluide. Le cycle dure de trois à dix minutes, pendant lesquelles l'unité intérieure ne souffle pas d'air chaud.

Peut-on faire l'entretien complet soi-même pour économiser ?

Le nettoyage des filtres et le dégagement des abords, oui, et c'est déjà une grande partie du gain de performance. Le reste non : le contrôle d'étanchéité et toute intervention sur le circuit frigorifique sont réservés aux entreprises titulaires de l'attestation de capacité F-Gaz. Sans compter que l'entretien périodique est de toute façon obligatoire et doit être attesté.

Faut-il purger ou vidanger quelque chose avant l'hiver ?

Non, contrairement à un circuit d'eau, rien ne gèle dans une climatisation air/air : le fluide frigorigène reste en circuit fermé et travaille précisément dans ces plages de température. La seule eau à surveiller est celle des condensats, qui doit pouvoir s'évacuer librement.

Faire entretenir avant les premiers froids

Nos interventions sont assurées par des professionnels titulaires de l'attestation de capacité F-Gaz, avec remise de l'attestation d'entretien qui sécurise votre garantie constructeur.

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